Affaibli par la crise, le marché mondial de la BI n'en conserve pas moins une croissance saine en 2009. Telle est la conclusion majeure d'une étude publiée par le Gartner.
Selon le cabinet Gartner, le marché mondial de la BI (Business Intelligence) s'est élevé à 9,3 milliards de dollars dans le monde en 2009, en progression de 4,2% par rapport à 2008, où il se
montait à 8,9 milliards de dollars. Des chiffres relativement réconfortants. « La croissance a été loin des niveaux de 2008 et n'a pas échappé à la récession, mais la BI a aussi démontré
qu'elle n'est pas aussi cyclique que de nombreux autres marchés, enregistrant une croissance saine dans l'une des années les plus difficiles de l'industrie du logiciel », indique Dan Sommer,
analyste de recherche principal chez Gartner.

Le cabinet livre également deux analyses complémentaires, l'une par segment à l'intérieur de la BI, l'autre par acteurs de ce marché. Sur le premier
point, le Gartner divise les solutions décisionnelles en trois parties : le marché des plateformes, celui des suites de CPM
(Corporate performance management, avec notamment les solutions d'élaboration budgétaire, de planification et de
consolidation financière) et celui des applications analytiques et de gestion de la performance. Les premières pèsent 64,2% du
marché total en 2009, en progression de 4,8%. Les suites de CPM représentent 20,8%, en hausse de 3,6%. La troisième catégorie (15% du total) enregistre une
progression plus faible : 2,3%.
IBM réalise la plus forte avancée du classement
Concernant les acteurs, le Gartner constate une forte concentration en tête de classement. Les six premiers s'octroient 75% du marché.
SAP/Business Objects est toujours n°1, avec 22,4% des parts en 2009, mais c'est le seul des grands acteurs à enregistrer un recul (-0,6%). Oracle détient
14,5% des parts, en hausse de 5,2%, suivi de très près par SAS Institute, 14,2% des parts et 3% de progression. On trouve ensuite IBM, avec 12,2% des
parts et 14% de progression, la plus forte du classement. Microsoft est situé un peu plus loin avec 7,9% des parts et 8,5% de hausse. Microstrategy ferme la
marche avec 3,2% des parts et 5,4% de progression.
Dans les plates-formes de BI, SAP a maintenu son avance. Dans le domaine de la gestion de la performance d'entreprise (CPM), Oracle a conservé son leadership avec le portefeuille acquis d'Hyperion en 2007, alors que SAS est resté le leader des applications analytiques et de PM.
Microsoft a des plans bien précis pour ajouter Office Web Apps à sa suite hébergée Business Productivity Online Standard Suite (BPOS), mais ne fournit pas de calendrier précis quant à son intégration.
Sans ces applications, BPOS reste à la traîne derrière ses autres concurrents, notamment les Google Apps qui offrent par défaut des applications de productivité bureautique avec la suite
collaborative et d'échange cloud. « Nous allons certainement davantage parler des Office Web Apps comme élément de la suite BPOS et des futures fonctionnalités que cela apporte », a déclaré
Betsy Webb, directeur général de la division Microsoft Online Services.
Les Office Web Apps donnent accès à des versions hébergées de Word, Excel, Powerpoint et OneNote, relativement similaire à la suite connue sur PC. Considérés comme des « compagnons en
ligne » par la firme de Redmond, ces services sont conçus pour permettre aux utilisateurs « d'accéder, d'afficher et de modifier » des documents via un navigateur web. À l'heure
actuelle, Office Web Apps est disponible gratuitement pour les particuliers dans le cadre des services en ligne Windows Live. Elles sont aussi livrées avec la suite gratuite de communication et
de collaboration Live@edu réservée à l'éducation. Les Office Web Apps, recensant environ 20 millions d'utilisateurs, sont également accessibles aux entreprises qui disposent des versions desktop
d'Office ou de SharePoint 2010.
Toujours selon Betsy Webb, l'absence des Office Web Apps au sein de BPOS n'a pas eu de conséquence quant à l'adoption de la suite par les entreprises, qui inclut Exchange Online,
Office SharePoint Online et Microsoft Office Live Meeting. « Le nombre de postes BPOS a plus que triplé depuis le début de l'année 2010, » a-t-elle affirmé, sans dire
précisément combien de licences avaient été vendues au total. « Il y a 40 millions de postes Microsoft Online Services payés, et le BPOS en fait partie, » souligne-t-elle. La firme
de Redmond a mis en avant ses gros clients convaincus par le BPOS, dont Volvo (18 000 utilisateurs), Du Pont (58 000 utilisateurs), l'Australie Spotless Group, Sunoco et Godiva.
Les analystes sous le charme
« Microsoft a créé une bonne dynamique pour favoriser l'adoption de son BPOS, mais il est loin d'être le seul, » a reconnu Michael Osterman, analyste chez Osterman Research. « De
toute évidence Microsoft réussit très bien avec BPOS. L'entreprise a gagné une impressionnante clientèle et semble poursuivre dans son élan sur le secteur professionnel - gouvernement compris -
et dans l'éducation, » a t-il ajouté. «Cela dit, Google gagne aussi du terrain avec ses Apps, LotusLive se porte bien, et Cisco devrait assez bien s'en tirer avec WebEx Mail quand il
sera disponible», a t-il déclaré. « L'utilisation d'applications en mode Software-as-a-Service (SaaS) pour les échanges et la collaboration en environnement de travail est une friche en
plein développement, et on peut s'attendre à une croissance exponentielle de ces services dans les prochaines années, même si la plupart des déploiements continuent à se faire sur site, »
a-t-il expliqué. Pour Rebecca Wettemann, analyste chez Nucleus Research, « l'avantage de Microsoft, repose sur la popularité de ses interfaces et de ses outils logiciels, déjà présents dans
de nombreuses entreprises, sans compter les passerelles existantes entre son Cloud et les logiciels sur site, » a-t-elle estimé. « Je pense que les entreprises qui cherchent à passer à
un environnement collaboratif plus efficace considèreront l'offre mixte de Microsoft comme un vecteur de croissance, en raison aussi de son expérience dans les services collaboratifs en milieu
professionnel, » a-t-elle ajouté.
Matthew Cain, analyste chez Gartner, fait remarquer que « le marketing de Microsoft a été particulièrement agressif pour vanter son BPOS, le faisant notamment adopter au moment du
renouvellement de nombreux contrats d'entreprise». Il ajoute que « l'éditeur a profité de la forte demande en services cloud pour imposer son BPOS, ». « L'inconvénient, c'est que
le BPOS est toujours basé sur la famille de produits 2007, » précise-t-il, ajoutant que Gartner s'attend à une mise à jour du BPOS vers les versions 2010 au début de 2011.
Microsoft a également rendu public le nom de nouveaux clients pour Live@edu, dont plusieurs écoles du California State University, l'Université du Montana, la Northern Kentucky University, le
Collège of DuPage, la Washington University de St. Louis et l'Université d'Aston au Royaume-Uni. Au total, plus de 10 000 institutions scolaires et plus de 11 millions d'utilisateurs finaux ont
accès à Live@edu, qui inclut Office Web Apps, Windows Live SkyDrive et Outlook Live.
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