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11 mars 2005 5 11 /03 /mars /2005 00:00
Artisan de l'offensive vers les entreprises, Bruce Chizen affirme ne pas souffrir de l'entrée de Microsoft sur le marché des formulaires électroniques. Il livre son analyse sur la vague de l'open source et son partenariat à double tranchant avec Apple. Pour de nombreuses personnes, les logiciels peuvent désormais être disponibles gratuitement ou à bas prix. Comment êtes-vous passé outre cette tendance et pensez-vous qu'elle va perdurer?On me pose beaucoup de questions sur la position d'Adobe concernant l'open source. La réalité est qu'il existe un certain nombre de produits sur le marché de l'open source qui concurrencent des logiciels tels que Photoshop, Illustrator, PostScript et d'autres. Pourtant, les clients sont prêts à payer pour l'innovation et la qualité... Je pense que c'est ce qui nous a permis de nous en tirer et d'enregistrer une croissance, à l'inverse de certains de nos concurrents. Une chose est sûre: l'industrie logicielle est en train de se consolider et Adobe a une position qui lui permet heureusement de ne pas être concerné par la consolidation.Que pensez-vous des logiciels fournis en tant que services ou à la demande? Est-ce que cela affecte Adobe?Oui, bien sûr. Je pense que ce phénomène s'explique en grande partie par les progrès du haut débit. Au regard des vitesses atteintes aujourd'hui, la puissance disponible sur les PC est nettement supérieure à celle obtenue avec une application qui s'exécute sur un système hôte, par rapport à une connexion haut débit. En fait, nous proposons désormais un service sur Adobe.com qui permet de créer des PDF en ligne; les gens nous envoient leur document et nous le convertissons au format PDF (Portable Document Format). Ce service fonctionne bien, car il est relativement simple et n’est pas trop gourmand en bande passante... D'ici trois, quatre ou cinq ans, les choses changeront et vous verrez de plus en plus d'applications pouvant être basées sur un hôte.Adobe tente d'accroître sa présence dans les entreprises. Acrobat et le PDF sont au cœur de ce plan. Pouvez-vous nous dire où vous en êtes?Nous pouvons pousser l’adoption du format PDF dans les entreprises de deux façons. La première, c'est en restant sur les PC de bureau avec Acrobat. La seconde, c'est bien évidemment avec nos produits serveurs. Nous proposons des produits spécifiques qui facilitent la création de documents PDF, l’élaboration de règles de processus métier et la gestion des documents, ainsi que l'extraction d'informations à partir de ces documents.Comment avez-vous fait évoluer les mentalités au sein d'Adobe pour vous attaquer aux grandes entreprises? Cela ne représente-t-il pas un changement majeur pour vous?Il s’agit en effet d’une évolution. Cela va vous paraître étrange à première vue, mais je nous compare à une entreprise comme Honda et à ce qu'elle a pu accomplir au fil du temps. Elle construit de très bons moteurs et a d'excellents processus de fabrication; c’est son cœur de métier. Mais elle a réussi à évoluer: en commençant par fabriquer des tondeuses, elle a étendu sa production successivement aux scooters, aux motos, aux petites voitures, aux grosses voitures puis aux voitures de luxe. Aujourd'hui, elle fabrique des turboréacteurs et travaille avec GE sur un petit avion à usage privé.Eh bien, c'est un peu la même chose qui se passe avec Adobe. Avant, nous fournissions des systèmes d'impression et PostScript, avant de proposer des solutions pour les professionnels de la création, puis pour la photographie numérique et, aujourd'hui, pour l'entreprise. Nous avons dû changer certaines de nos méthodes de vente, ainsi que notre mode de fonctionnement en termes de contrats, de conditions financières, de partenariats et de marketing produit. Mais pour être honnête, cela n'est pas si différent de la transformation que nous avons opérée lorsque, spécialistes du PostScript, nous sommes devenus un éditeur de logiciels prêt à l'emploi.Pour poursuivre sur cette analogie avec Honda, quelle est selon vous votre principale compétence?Nous vendons des logiciels qui aident les individus et les entreprises à mieux communiquer. Par là, je veux dire que nous leur permettons de diffuser des informations plus pertinentes, plus fiables et plus sûres. C'est la présentation de l'information qui fait toute la différence. Page 2 - Des produits compatibles avec Windows, Mac mais aussi LinuxLa décision de Microsoft de s'attaquer au marché des formulaires électroniques a fait du bruit, tout comme l’éventualité d'une rivalité directe avec Adobe. Avez-vous noté une concurrence plus féroce de la part de Microsoft suite à la sortie de produits tels qu'InfoPath?Non, je ne trouve pas. Tout du moins, nous n'entendons pas beaucoup parler de leur offre actuelle. Je n'ai pas non plus beaucoup entendu parler du résultat obtenu (par Microsoft) avec des produits tels qu'InfoPath; je ne crois pas qu'il ait bien atteint sa cible… Par contre, je pense qu'à mesure que Microsoft s’imposera ou cherchera à s’imposer avec les composants "longue distance" (long-haul componants), il cherchera à faire davantage de choses similaires à ce que nous faisons aujourd'hui avec le PDF.Cela fait maintenant dix ans que nous travaillons avec ce format. Il s’est tellement imposé partout dans le monde qu'il va être très difficile pour de nombreuses entreprises de modifier leurs flux de travail (workflows) critiques. Si vous prenez juste le nombre de structures gouvernementales dans le monde qui encouragent déjà l'utilisation du PDF et l'acceptent comme standard, je vois assez mal comment Microsoft pourrait tout bouleverser. Mais on parle de Microsoft, qui génère un chiffre d'affaires de 40 milliards de dollars. Il a donc un avantage en termes de plate-forme, n'est-ce pas?C'est vrai. Il a un monopole… C'est du moins ce qu'a déclaré le ministère américain de la Justice (DoJ). Mais vous savez, je crois que nous nous défendons plutôt bien.Puisque nous en sommes à évoquer la concurrence, qu'en est-il d'Apple? Est-ce pour vous un concurrent, un partenaire ou les deux?Il s'agit clairement d'un partenaire, mais aussi dans certains cas d'un concurrent. Apple est un partenaire important, dans le sens où pratiquement le quart de notre activité provient d'utilisateurs de Mac. C’est un client très loyal, mais aussi très important pour Adobe. Bien évidemment, la réciproque est vraie pour Apple. Donc, c'est dans notre intérêt commun d'être partenaires et je pense que nous faisons du bon travail à ce niveau. Si vous cherchez quel éditeur de logiciels avait le plus d'applications disponibles pour OS X avant tout le monde, c'était Adobe. Si vous regardez comment nous avons optimisé nos produits pour cette plate-forme, vous verrez que nous avons probablement fait mieux que n'importe qui d'autre. Nous sommes certainement le plus grand éditeur de logiciels indépendants pour le Mac. Il y a des domaines dans lesquels nous sommes en concurrence, notamment la vidéo, mais nous avons accepté cette rivalité. Et elle est féroce.Le pourcentage d’utilisateurs de Mac reste-t-il relativement stable?Pour Adobe, d'un point de vue global, ce pourcentage a diminué. La principale raison de cette baisse est le succès que nous avons rencontré avec Acrobat et le marché des entreprises, car il a toujours été dominé par Windows.Qu'en est-il des projets d'Adobe concernant Linux? Vous avez récemment présenté une version d'Acrobat Reader pour Linux. Vous contentez-vous de tâter le terrain pour l'instant? Ou bien la demande envers des versions Linux de vos autres produits est-elle suffisante?Pour commencer, la plupart de nos serveurs (produits logiciels) que nous destinons aux entreprises seront compatibles avec Linux. Pour ce qui est des PC sous Linux, vous avez vu juste. Nous tâtons le terrain, nous écoutons nos clients, nous observons et nous essayons d'en tirer des leçons. Nous réfléchissons aux autres applications qui pourraient être pertinentes pour les environnements Linux.Il faut reconnaître qu'aujourd'hui, hormis certains marchés verticaux et quelques marchés émergents, encore peu d'entreprises ont installé un OS Linux sur leurs PC. Donc, nous écoutons nos clients, nous essayons de comprendre s'ils vont migrer et, le cas échéant, quand. Nous voyons beaucoup d’utilisateurs de stations de travail Unix passer sous Linux pour des tâches liées à la vidéo. Même situation pour les utilisateurs d’applications verticales, de fabrication ou un service clientèle, ainsi que pour certains organismes gouvernementaux du monde entier. Mais nous voyons peu de nos clients traditionnels migrer.Alors quels produits pourraient être adaptés? Photoshop, par exemple?Nous tentons d’étudier les types d’utilisateurs qui migrent vers un flux de travail Linux, et de déterminer ensuite le type d'applications dont ils auront besoin. Si vous êtes un organisme gouvernemental, une banque, une compagnie d'assurances ou toute autre grande entreprise et que vos citoyens, vos clients ou vos clients potentiels utilisent, pour une raison ou une autre, un OS Linux sur leurs PC, vous voulez être sûrs que le document qu'ils essaient d'exploiter fonctionne bien. Vous voulez avoir l’assurance de pouvoir enregistrer les informations, afin de bénéficier sous Linux de toutes les fonctionnalités avancées du produit Adobe Reader actuel pour Windows et Mac, et que ce produit sera compatible avec nos produits serveurs… C'est ce que nous ferons; nous y travaillons actuellement.S'agit-il d'un projet définitif?Absolument. Il semble que l'adoption de Linux se propage davantage dans la communauté des entreprises que dans les rangs des professionnels de la création. Il reste là encore beaucoup d'utilisateurs de Macintosh... des personnes très satisfaites de leur système d'exploitation, qui n'ont aucune raison valable de migrer. Je pense que s'il y a un endroit où ce phénomène de migration est un peu plus prononcé, c'est sur certains marchés émergents comme l'Inde et la Chine. Mais pour être honnête, il s'agit pour nous de marchés relativement petits à cause des problèmes de piratage.

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