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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 16:23
  • «Sur le top 100» du classement des institutions universitaires en Afrique, 26 institutions maghrébines sont présentes avec une dominance marocaine 13/26, algérienne 11/26 et 2 institutions seulement pour la Tunisie. Les universités sud-africaines et égyptiennes occupent le haut du pavé africain.
  • Pour nous Tunisiens, le constat est amère, nous qui, pendant longtemps, avons été fiers de nos choix en matière d’éducation, et qui, pendant des décennies, fanfaronnions toisant nos voisins de haut dès qu’on abordait des thématiques se rapportant à la qualité de notre enseignement au sein des universités, des établissements secondaires et des écoles primaires. Nous avons été l’un des premiers jeunes pays fraîchement indépendants à avoir consacré le tiers de son budget à l’éducation. Ce choix avait, à l’époque, laissé perplexes plus d’un et pantois des pays qui nous avaient pourtant précédés sur la voix de l’autonomie et de l’indépendance.

    On croyait dur comme fer que la seule arme d’un pays aux ressources naturelles modestes était le savoir. La preuve, les diplômes tunisiens étaient reconnus à l’international et les compétences tunisiennes se vendaient à prix d’or. Ne nous leurrons pas, les compétences tunisiennes ne sont plus ce qu’elles étaient et celles que nous voyons aujourd’hui rayonner dans le monde font souvent partie des générations des cinquantenaires et dans le meilleur des cas des quadragénaires. Celles qui ont échappé aux différentes réformes de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, celles qui maîtrisaient parfaitement l’arabe et le français et qui sont le produit d’universitaires formés à l’international et nourris de l’expertise, de la qualité de formation et du savoir-faire des universités européennes. Ces universitaires ont instruit des générations de compétences de haut niveau qu’on nous enviait et nos universités étaient sollicitées par nombre d’étudiants en provenance de pays arabes et africains.

    Qu’en est-il aujourd’hui ?

    Nous n’existons pas dans le classement de Shangaï 2009 des 500 meilleures universités dans le monde, en fait, sommes nous seulement classés ? la seule université arabe qui figure dans ce classement est l’université du Roi Saoud en Arabie Saoudite de même que l’université de Téhéran.

    L’Inde compte deux universités dans ce classement, une au top 400 en plus d’une deuxième au top 500.

    Mais faire partie des 500 meilleures universités dans le monde est peut être trop prétentieux de notre part…qu’en est t-il de l’Afrique ? Dans le classement du top 100 des universités africaines, seuls deux établissements supérieurs figurent, la nouvelle université virtuelle et l’Ecole supérieure privée d’ingénierie et de technologie occupant respectivement les 60ème et 50ème positions.

    Les universités arabes ? L’Egypte tout d’abord, dont l’Université américaine occupe la 9ème place et l’Université du Caire la 13ème. C’est ensuite au tour du Maroc dont l’université «Abdelmalek Assaadi» figure en 16ème position, de nouveau l’Egypte avec en 27ème position «l’Arab Academy For Science and Technologie and Maritime Transport» et Ain Shams University, 28ème en plus de Mansoura University, classée 31ème.

    L’école marocaine Mohammadia d’ingénieurs est 29ème et Al Akhawayn Ifrane toujours marocaine 30ème. L’Algérie se place respectivement en 36ème et 43ème position grâce aux universités Abou Bekr Belkaid de Tlemcen et l’Université de Batna.

    Il est peut-être temps pour nous Tunisiens de re-réfléchir ou repenser nos politiques en matière d’enseignement et d’arrêter de jouer aux autruches. La qualité de l’enseignement dans notre pays n’est plus ce qu’elle était. Et ce ne sont pas les bataillons des diplômés du supérieur demandeurs d’emplois qui prouvent que nos politiques sont pertinentes. Diplômés dont beaucoup ont intégré la phase du chômage longue durée… On l’a compris, il ne s’agit pas de quantité mais plutôt de qualité. Il ne s’agit pas de consacrer des sommes colossales à la recherche sans en récolter les fruits ou peu.

    Selon une étude de la Banque mondiale publiée en 2008, les diplômés des filières courtes supposées posséder une plus forte employabilité sont en fait les plus exposés au chômage. Les sortants des Instituts supérieurs d'études technologiques (ISET) sont légèrement avantagés par rapport aux techniciens supérieurs issus des autres institutions d’enseignement supérieur.

    68% du chômage touche les maîtrisards des spécialités juridiques (gestion, finances, droit). Le groupe des spécialités liées à l'agriculture et à l’agroalimentaire se distingue avec des taux de chômage nettement plus élevés (plus de 70% pour les techniciens supérieurs et plus de 31% pour les ingénieurs dans les filières techniques).

    Mieux aligner l’offre de compétences avec les besoins de l’économie est l’une des principales recommandations de l'étude. Globalement, les résultats de l’enquête montrent l’existence de déséquilibres importants entre l’offre et la demande de compétences en Tunisie. Le diplôme et la spécialité restent les principaux facteurs qui expliquent les perspectives d’insertion professionnelle.

    L’étude recommande l’ajustement des flux d’étudiants qui suivent les différents diplômés/spécialités et l’alignement de l’offre de compétences avec les besoins de l’économie. Et lorsque nous parlons d’une plus grande valorisation de la culture entrepreneuriale au sein des universités, d’une plus grande adaptation des cursus universitaires aux besoins du marché du travail et même d’une refonte de toutes les catégories de l’enseignement dans notre pays dans le but d’améliorer son efficience par, entre autres -et ce n’est pas peu-, l’amélioration du niveau de certains formateurs et d’enseignants, c’est parce que nous réalisons que la réalité est devenue complètement coupée du discours.

    Nous entendons à longueur de journée des discours se rapportant à la complémentarité entre l’enseignement et l’entrepreneuriat au sein des universités, aux Masters co-construits qui, du reste, sont applicables dans quelques rares institutions universitaires dont l’Institut de biotechnologie de Sidi Thabet.

    Mais quelle est la dimension pratique de toutes les mesures prises ? Et quand est-ce que nous verrons leurs résultats sur le terrain. Nos entrepreneurs parlent de «diplômés sous-qualifiés», nos administrations insistent sur les efforts fournis en vue d’adapter l’université à la réalité économique…«J’estime qu’il existe deux problèmes fondamentaux, explique un professeur universitaire à la Faculté des Sciences de Tunis : d’une part, un tissu industriel et entrepreneurial arriéré, les entreprises ne respectent pas leurs engagements s’agissant des stages et même des Master-co-construits, et des enseignants qui ne font aucun effort pour améliorer la qualité de leurs prestations, arrivés au seuil du professorat, l’effort devient parfaitement absent, ils ne veulent ni s’améliorer ni se diversifier, ni se former, ils veulent tout juste se la couler douce… ».

    - Le classement Shanghai a été lancé en 2003 par le président de l’Université Jiao Tong pour savoir quelles sont les meilleures universités dans le monde auxquelles il pourrait envoyer ses étudiants.

    - Document : http://africdossier.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=2036961  ou http://infopagecongo.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=2036959

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